Lorient, cap sur l'habitat !

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    À Lorient, l’habitat est le fruit d’une riche histoire industrielle et commerciale.

    Tournée vers l’Océan Atlantique, la ville doit son développement à son emplacement stratégique et l’attrait de son premier port créé en 1666 pour répondre au développement de la Compagnie française des Indes orientales. Le dynamisme de la ville n’échappe pas au pouvoir royal qui, dès la fin du XVIIe siècle, met au profit de sa marine militaire l’usage des chantiers navals. Étoffes, pêche, épices, armements : le commerce prospère et les chantiers navals se développent, tandis qu’ouvriers et paysans affluent de tout le royaume.

    Au nord comme au sud, la « ville aux cinq ports » s’étend au-delà de ses remparts. De nouveaux logements sortent de terre, offrant à voir la croissance d’une joyeuse, mais chaotique, cité jusqu’au XXe siècle.

    L’entre-deux-guerres est une période florissante pour l’architecture des bâtisses lorientaises et l’avénement des lotissements périurbains, qui se parent d’éléments décoratifs, emploient de nouveau matériaux et introduisent la couleur, marquant ainsi la singularité des habitations.

    Façades années 30  © Patrick Belz

    Lorient, une citée tournée vers l’avenir

    Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale balayent bientôt la majeure partie de la ville — on estime que neuf bâtiments sur dix sont à reconstruire. Dévastée mais déjà tournée vers l’avenir, Lorient prend un nouveau départ avec, à la tête de son projet de reconstruction, l’architecte et polytechnicien Georges Tourry. Son objectif ? Rebâtir une ville en phase avec son temps et ses techniques de construction, capable de répondre aux besoins et aux aspirations de ses habitants.

    Lorient entame un chantier de plus de 20 ans, au cours duquel nombre de sinistrés occupent des baraquements temporaires, imaginés à partir de systèmes constructifs légers, tandis que l’expansion du bâti va bon train. L’architecte imagine alors un plan de circulation ingénieux, capable de relier l’ensemble des nouveaux terrains construits aux quartiers historiques de la ville, tout en préservant le maillage d’origine. Ces grands boulevards désormais créés, un urbanisme plus ouvert et aéré se dévoile.

    Des immeubles d’habitation modernes fleurissent alors dans tous les quartiers de la ville. Confort, hygiène, lumière et espace sont les maîtres mots de ces constructions sociales aujourd’hui largement reconnues comme avant-gardistes, à l’instar de l’ensemble de La Banane dessiné par les architectes Jean-Baptiste Hourlier, Georges Tourry, Paul Lindu et Jacques Bourgeois ou encore de l’immeuble du Moustoir d’Henri Conan, construit en entrée de ville.

    Hôtel Gabriel © Ville de Lorient

    L’habitat individuel prend lui aussi une nouvelle forme. Dans le quartier du Ter, les maisons « de plain pied » font leur apparition. Leurs espaces intérieurs sont ouverts et modulables, et se prolongent à l’extérieur avec des jardins.

     

    Une identité architecturale audacieuse et éclectique

    Lorient renaît alors, le regard tourné vers l’avenir, et compose également avec une part de patrimoine hérité. Comme dans de nombreuses architectures de la Reconstruction, cette dernière fait parfois débat et nécessite une médiation importante. 

    Son nouveau visage, la ville l’a dessiné pas à pas, tentant de maintenir le dialogue entre les différents pans de son histoire et ses habitants. L’entrée dans le XXIe siècle marque un tournant majeur dans la reconnaissance par le grand public de son identité architecturale, audacieuse et éclectique.

    Dès 2000, plusieurs de ses bâtiments emblématiques se voient valorisés par le label Architecture Contemporaine Remarquable décerné par le ministère de la Culture. En 2006, Lorient intègre même le célèbre réseau des  « Villes et Pays d'art et d’histoire », qui achève de convaincre ses 57 000 habitants de la richesse culturelle et historique de leur cadre de vie.

    Immeuble du Moustoir © Patrick Belz

    Forte de ses traditions bretonnes et de son identité maritime, Lorient continue chaque année d’attirer près d’un million de touristes français et étrangers à l’occasion de rendez-vous aussi célèbres que Le Festival Interceltique, les nombreux départs de courses au large, ainsi que des manifestations plus locales, expositions, concerts et balades imaginés en collaboration avec des acteurs locaux qui font vivre le territoire à l’image de la Maison de l'Architecture et des espaces en Bretagne.

    Toujours à l’avant-garde, la ville poursuit enfin sa volonté de renouvellement urbain, depuis la valorisation et la transformation de terrains délaissés en lieux d’habitation pérennes, jusqu’à la rénovation d’espaces de vie et d’équipements publics et culturels qui font le bonheur des Lorientais, d’un jour ou d’une vie.

    Festival Eldorado © Ville de Lorient
    FOCUS

    L’immeuble du Moustoir, également appelé les Échasses, est parfois surnommé « la Radieuse de Lorient » mais il n’a pas été réalisé par l’architecte Le Corbusier ! C’est Henry Conan qui le conçoit dans les années 50 en s’inspirant des travaux du célèbre architecte franco-suisse. Cet immeuble A obtenu le label Architecture Contemporaine Remarquable.

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