Résidence d'architecture

Bassin de Caen, quels futurs ?

Chiara Tomat, Eugénie Chavanes, Garance Jacqmin, et Sarah Le Guellec, architectes

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OBJECTIF DE LA RÉSIDENCE
Cette résidence vise à imaginer et à représenter des futurs désirables du bassin caennais, à mettre en espace et en récit les questionnements majeurs que posent les effets déjà sensibles des crises sociales, écologiques et climatiques dans les milieux urbains et périurbains.

Caen - 14
Calvados
Normandie
France
Automne 2025

Une résidence portée par Territoires Pionniers.

L'équipe

● À la sortie de l’école d’architecture, six amies, dont Eugénie, Garance, Sarah et Chiara, se sont constituées en collectif. Cette amitié est la première composante du groupe, une force politique et une façon de vivre ouvrant d’autres perspectives d’organisation de nos sociétés. Cette volonté de faire ensemble est aussi stimulée d’interrogations et d’une forme de stupéfaction face à la responsabilité des bâtisseuses et bâtisseurs dans les désastres environnementaux. Ainsi, ce collectif désire enquêter sur ces dérives et sur de nouvelles pratiques réjouissantes et militantes pour participer à l’émergence de sociétés divergentes et tenter de provoquer des rencontres, des pensées et des gestes pour imaginer d'autres manières de faire. Ce sont ces envies qui ont mené à la fondation d’un collectif éditorial hébergé par La Criée, maison d’édition à Nantes, pour produire et publier des enquêtes collectives, sensibles et situées, investiguant des territoires habités et mouvementés.

● Le parcours d’Eugénie Chavanes à l’ENSA Paris-Belleville l’amène à voyager et l’enrichit de rencontres culturelles et sociales. À travers une exploration des territoires et du paysage, ses intérêts questionnent les manières de construire, de produire et de consommer. Collaboratrice au sein de l’agence Les Marneurs, elle y poursuit une approche territoriale sensible et située.

● Au cours de ses études d’architecture, Garance Jacqmin cherche à explorer des postures d’architectes politisés. Aujourd’hui gravitant en région parisienne, elle tend à trouver un équilibre entre l’apprentissage de gestes et de pratiques liées aux chantiers de construction et la mise en récits graphiques de territoires en luttes.

● Les six années d’études de Sarah Le Guellec à l’ENSA Paris-Belleville sont ponctuées de cours en BTP au CNAM ainsi que d’expériences à l’étranger et ailleurs en France. Après ses études, elle décide de s’installer à Nantes et d’approfondir son expérience en agence afin de comprendre les rouages de la fabrique du projet.

● À l’issue de ses études, Chiara Tomat choisit de travailler en tant qu’indépendante, afin de partager son temps entre le suivi de chantiers de rénovation et ses projets personnels. Cet apprentissage lui permet d’apprendre directement sur le terrain, en collaborant avec les entreprises du BTP et en se confrontant aux réalités pratiques et aux savoirs-faire.
 

Le projet

Le collectif, composé 4 jeunes femmes architectes, va explorer le futur du bassin de Caen, son unité bio-régionale, sa résilience et son urbanité, à travers l’enquête et le dessin.

La proposition d'une résidence à Caen nous réjouit en tant que jeune collectif, comme une occasion de trouver un temps de fédération et d'immersion dans un territoire donné. L'idée d'enquêtes territoriales et d'imagination de possibles désirables, résonne avec nos travaux actuels et les pistes de réflexion que nous essayons de mettre en place au sein du collectif. Cette résidence nous permettra de découvrir un territoire et d'y confronter une méthode et une manière d'enquêter qui nous est propre, à des expériences et des organisations déjà présentes sur place.

Habiter un même bassin versant comme unité bio-régionale
Nous pouvons faire le constat que les limites et les caractéristiques d'un territoire sont trop souvent fixées par un découpage administratif ou quelques reliefs géographiques, souvent inadéquats face aux enjeux écologiques actuels. Une approche bio-régionale fondée sur les caractéristiques écologiques, sociales et vivantes des territoires serait à privilégier. Cette vision permettrait de repenser l’aménagement du territoire de manière plus durable et collective, en valorisant les continuités écologiques et les bassins versants comme celui de l’Orne. Face à l’urbanisation croissante de l’agglomération de Caen et à l’artificialisation des sols, il est utile de souligner l'importance des lieux intermédiaires aux lisières parfois moins définies, plus souples, qui peuvent servir de modèles de résilience et de diversité et qui sont capables d’assurer des fonctions écologiques essentielles et d’inspirer de nouvelles façons d’habiter et de faire société. En ce sens, le processus naturel de La Prairie de Caen, en bord de l'Orne, semble être une référence intéressante. 

Urbanités résilientes
Les résidentes proposent d’observer comment le territoire réagit aux bouleversements climatiques, en valorisant la réactivation de lieux figés et marqués par l’héritage industriel. Elles s’intéressent aux cicatrices laissées par l’extraction de ressources et la mécanisation, visibles dans les infrastructures abandonnées et la dégradation écologique. Face à cela, elles suggèrent de repenser le bâti existant pour l’adapter aux urgences climatiques et sociales. À travers une cartographie des initiatives locales à Caen, elles souhaitent mettre en lumière des pratiques alternatives et inventer, à partir d’elles, de nouveaux récits urbains et sociaux, porteurs d’espoir et de résilience.

Ces deux axes - entre territoire bio-régional et urbanités résilientes - viennent ainsi proposer des façons d’observer et de se situer dans un territoire, afin de s’extraire de logiques anthropocentrées, tout en envisageant des possibilités de mutation et d’adaptation de nombreuses choses héritées. Nous croyons à la force du groupe comme multitude d’initiatives localisées et engagées pour un démantèlement collectif du système productiviste !

Eugénie Chavanes, Chiara Tomat, Sarah Le Guellec et Garance Jacqmin © DR

La résidence et son territoire...

Avec plus de 275 000 habitants, le bassin de l’agglomération de Caen constitue la 1ère unité urbaine du département du Calvados et le 3ème pôle urbain de Normandie. Situé entre le bocage de la Suisse normande et les plages de la Côte de Nacre, ce territoire est traversé par le fleuve Orne et plusieurs de ses affluents. En 2025, Caen fêtera son millénaire avec une riche programmation mêlant arts et sciences, un moment fédérateur exceptionnel dont un des objectifs est de marquer collectivement le passage d’un millénaire à l’autre. Profitant de ce contexte particulier, Territoires pionniers propose une résidence d’architecture, pour ouvrir la conversation autour du futur du territoire.

Présentation de l'équipe de la résidence © DR

Les enjeux de la résidence

Territoires pionniers a sélectionné plusieurs sites, illustrant les enjeux de l’Orne et de sa vallée pour les générations à venir, l’équipe candidate proposera plusieurs scénarios prospectifs sur ces espaces qui sont autant de thématiques : lotissement en plaine agricole, grands ensembles, ZAC, centre ville reconstruit, lit de l’Orne, bande côtière habitée, patrimoine du futur. Les réflexions, les récits et productions graphiques situées de cette résidence, sortes de cartes postales du futur, seront conçues pour être adressées au plus grand nombre et de tous les âges. 
Il s’agit d’ouvrir les imaginaires, de rendre visible des possibles, pour bâtir une culture architecturale commune qui accompagne l’émergence d’un avenir bio-régional.

Territoires Pionniers

Territoires Pionniers, structure culturelle régionale, aborde l'architecture et l'urbanisme dans ses actions de sensibilisation par les modes de vie et les usages, considérant nos espaces bâtis et paysagers, urbains et ruraux, comme un patrimoine singulier et vivant, un bien commun en mouvement. Considérés ainsi, l'architecture devient une aventure collective à laquelle chacun peut prendre part.

Face aux enjeux contemporains, Territoires Pionniers souhaite affirmer et partager cette posture, convaincu que la connaissance et la compréhension de nos lieux de vie, de leurs richesses et de leur diversité, constituent un socle commun sur lequel construire ensemble des projets singuliers et durables de territoire. Cette culture partagée devient alors un formidable levier indispensable à la mise en œuvre de solutions collectives et créatives dans les espaces où nous habitons. 

Cliquez ici pour retrouver toutes les informations et actualités de la MA Territoires Pionniers.

Calendrier de la résidence :

Session 1 : du 15 au 20 septembre 
Session 2 : du 6 au 11 octobre
Session 3 : du 3 au 8 novembre
Session 3 : du 17 au 22 novembre
 

Partenaires régionaux :

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