Résidence d'architecture

Foire à Lacelle, ou comment une figure ancienne peut permettre d’explorer de nouvelles ruralités ?

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Quels regards se portent sur les typologies architecturales anciennes et leurs usages ? À l'heure où leur disparition peut être envisagée comme marqueuse d'un nouvel âge de la ruralité, quelles formes nouvelles, aujourd’hui, peuvent être envisagées pour nos usages collectifs, existants et à venir ?

Lacelle

Lacelle - 19
Corrèze
Nouvelle-Aquitaine
France
juin à septembre 2026

Une résidence portée par la Maison de l'architecture du Limousin.

La résidence et son territoire

Sur le Plateau de Millevaches, petite montagne de sylviculture et d’élevage, de climat rude, et de peuplement épars : Lacelle, 130 habitants, étymologiquement du cellier à grains. Ce petit bourg initialement marchand, se pose aujourd’hui la question de son devenir. En 2017, avec l’aide de la Mairie et de la SCIC l’Arban, l’Amicale Mille Feux s’installe sur la place de la gare dans une ancienne quincaillerie. Tout en menant une auto-réhabilitation accompagnée, cette association pluridisciplinaire développe l’accueil de publics, des ateliers partagés et une programmation culturelle, et témoigne de l’attractivité renouvelée du Plateau.

 

Les enjeux de la résidence

Il s’agit de s’intéresser à la foire : événement urbain marchand à la rencontre du monde agricole et de l’urbanité. Cette figure polysémique permettra d’aborder tant les sujets de l’agriculture, de la mémoire, du forain, que celui de la vie dans les centre-bourgs ruraux, des espaces publics et de mixité générationnelle et sociale, et d’accueil au sein d’une communauté.
L’objectif est de composer un moment joyeux réunissant les lacellois.e.s. La résidence sera ouverte tant à une exploration spatiale de cette figure (installation dans l’espace public, déambulation, manifestation publique, totems), qu’à une approche documentaire en format collecte – restitution (entretiens, prises de vues).

 

Cette résidence s’inscrit dans la programmation de la MA par les problématiques et thématiques abordées dont REGARDS - Ruralités en Nouvelle-Aquitaine porté par les 4 MA de Nouvelle-Aquitaine.

La Foire à Lacelle © MA Limousin
Elsa et Isis Lherm ©

L'équipe 

L’équipe est constituée des sœurs Elsa et Isis Lherm.

  • Elsa est architecte, diplômée de l’École Nationale d’Architecture et de Paysage de Bordeaux en 2018. Après plusieurs expériences à Berlin puis Paris, elle travaille dans le studio montreuillois ciguë jusqu’en 2025. En parallèle, elle écrit et réalise des films de fiction. Elle est aujourd’hui basée à Lacelle, en Corrèze
  • Isis est artiste plasticienne basée à Bruxelles, diplômée des Beaux Arts de Bordeaux en 2020. Elle travaille notamment avec les médiums de l’installation, de la performance et de la céramique. Elle fait partie de plusieurs collectifs, notamment le Aah Studio, post-After Howl studio, le collectif Gofildren et le duo Saponine.


C’est pendant le confinement de 2020 qu’elles réalisent leur premier projet commun, PYR, moyen-métrage auto-produit de science-fiction, tourné dans les Pyrénées. PYR a par la suite été programmé dans divers lieux, et notamment au CAPC de Bordeaux. Ensemble, elles arpentent, collectent et fabriquent des récits aux formes hybrides, comme autant de mondes où se tissent quêtes ancestrales, aventures primitivo-futuristes, mythologies post-anthropocène, archéologie spéculative, arpentages de territoires, souvenirs d’enfance brumeux, pour y rêver à des futurs désirables et générer des formes de résistance. 
 

Le projet : Les délices du feu

En écho à la figure disparue de la foire, demeurant à l'étape de traces dans les photos d'archives, dans les mémoires et les façons de dire, Elsa et Isis Lherm investissent une autre figure ancienne, celle du four communal, dispositif d’architecture, social et collectif, dans lequel chaque foyer venait faire cuire son pain. 

 

Leur démarche s'articule en trois temps :

  • En premier lieu, rencontrer et observer : comprendre le territoire à travers celles et ceux qui l’habitent (habitant·es, associations, élu·es, acteurs de la filière bois), arpentage, collecte, rencontres, repérage de formes vernaculaires et d’ingéniosités locales. 
  • Dans un deuxième temps, mettre en récit : produire une narration sensible du territoire, proposer des moments partagés de conceptions et de consultations, esquisser des formes et des dispositifs concrets, d’abord à petite échelle, à la manière de proto-test, dans le but de provoquer des situations de rencontre et d’expérimentation, d’activer des espaces.
  • Enfin, le dernier temps de la résidence sera celui de la mise en action, de la production et de l’installation, et le moment de restitution prend la forme d’un événement de première activation de la structure.
     


Elles proposent d’imaginer une structure hybride et légère, conçue pour l’espace public, à la lisière entre bourg et paysage. Cette installation peut prendre toute forme et il peut aussi bien s’agir de plusieurs modules. Il ne s’agit pas d’ajouter un objet isolé, mais de participer à un réseau de situations, de prolonger des usages existants, et de révéler des potentiels déjà présents. Le choix de l’implantation fera l’objet d’un travail avec les habitant.es, afin d’identifier un lieu pertinent, à la fois accessible et appropriable.

Le projet est animé en son sein d’un foyer, le feu y est entendu à la fois comme ressource, technique et expérience sensible. La chaleur de l’âtre rassemble, attire, transforme. Autour de lui éclosent des usages, des récits, des temporalités. Le projet, avec son foyer, est outil de production ou de transformation, support d’événements et participe d’une forme architecturale qui veille, visible et habitée.

Par les matériaux utilisés éléments et matériaux bruts, peu ou pas transformés (déchets de scieries, pièces non commercialisées, prélèvement direct, pierre non équarrie), en association avec des éléments usinés, standardisés, industriels (pièces de scierie, bâche agricole, système d’assemblage et de fixation en acier, matériaux de récupération), leur projet s'attache également à rendre visible une tension, un rapport paradoxal à la forêt, où les plantations de résineux peuvent être le support d'images idéalisées de la "nature" tout en étant vouées à l'exploitation et à la disparition. 

 

Notre proposition s’attache à questionner notre rapport à la ressource bois, notre rapport plus intime au foyer, aux formes collectives de rassemblement et de veille qu’il implique. Elle hybride et interroge les ressources et techniques locales ainsi que leur standardisation. Elle fait écho et réhabilite des évènements collectifs autour d’une typologie communale bâtie au sein du bourg. Enfin, elle nous permet de questionner l’architecture par l’étude des gestes, avec une attention particulière au questionnement du patrimoine matériel et immatériel. 

 

La Maison de l'architecture du Limousin

L’association prend fondamentalement appui sur son territoire et ses ressources. Elle est ouverte aux architectes, urbanistes, paysagistes, professionnels, élus, étudiants… à tous les amateurs et curieux de paysage et d’architecture. Elle propose des expositions, conférences, visites et ateliers autour de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage.

Chaque action peut se décliner (une exposition en conférence…) et voyager à travers le territoire pour être partager (une exposition en prêt…). Il nous semble pertinent d’intervenir dans des lieux de rencontre connus ou/ et d’initier des partenariats. L’accent est également mis sur les échanges avec les autres Maisons de l’Architecture à l’échelle de la Nouvelle Aquitaine en élaborant des projets communs et en participant au Réseau des Maisons de l’Architecture à l’échelle nationale.

 

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